La Banque européenne d’investissement (BEI) consolide son appui au Maroc. Réunie mardi à Rabat aux côtés de la Délégation de l’Union européenne, l’institution a annoncé 740 millions d’euros de financements signés en 2025, soit le niveau le plus élevé enregistré depuis 2012.
Le chef de représentation de la BEI au Maroc, Adrien de Bassompierre, a souligné que ces engagements traduisent une mobilisation accrue en faveur de la résilience économique, de la transition énergétique, de la sécurité hydrique et de la reconstruction des régions touchées par le séisme de septembre 2023. L’objectif affiché reste clair : accompagner un développement durable et inclusif en étroite coordination avec les autorités marocaines.
L’ambassadeur de l’Union européenne au Maroc, Dimiter Tzantchev, a pour sa part rappelé que le Royaume demeure un partenaire central dans le voisinage sud de l’Union et l’un des principaux bénéficiaires des financements européens en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. L’UE entend approfondir cette coopération à travers le Pacte pour la Méditerranée et l’initiative Global Gateway, destinée à soutenir des investissements durables dans les infrastructures stratégiques.
Eau, énergie et reconstruction : des priorités ciblées
Les financements mobilisés en 2025 par BEI Monde, la branche dédiée aux opérations hors Union européenne, se concentrent sur plusieurs secteurs clés. Dans le domaine de l’eau, un prêt de 70 millions d’euros a été accordé à l’Office national de l’électricité et de l’eau potable, branche Eau, afin de moderniser les infrastructures de production et de distribution d’eau potable. Ce soutien s’inscrit dans le Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation et vise à renforcer la sécurité hydrique, notamment dans les zones rurales et les petites villes.
Le secteur énergétique bénéficie également d’un financement de 170 millions d’euros destiné à l’ONEE, branche Électricité, pour moderniser le réseau national de transport. Cette opération doit favoriser l’intégration des énergies renouvelables et renforcer la résilience du système face à la hausse de la demande et aux aléas climatiques.
La reconstruction post-séisme constitue le troisième pilier de cet engagement. La BEI a consacré 500 millions d’euros à la deuxième tranche d’un programme global d’un milliard d’euros dédié aux régions sinistrées par le tremblement de terre du 8 septembre 2023. Ces fonds financent la réhabilitation des routes, des écoles et des infrastructures de santé, avec l’objectif de rétablir les services essentiels et de relancer l’activité économique locale.
Soutien au secteur privé et échanges en hausse
En parallèle, la BEI a décaissé 210 millions d’euros au Maroc en 2025, dont 180 millions au profit du secteur public et 30 millions en faveur du secteur privé. Parmi les opérations figure un appui au groupe Banque Populaire dans le cadre d’un programme européen visant à renforcer la compétitivité des filières exportatrices, notamment dans l’automobile, le textile et l’agroalimentaire.
Sur le plan commercial, les relations entre le Maroc et l’Union européenne poursuivent leur progression. Depuis l’entrée en vigueur de l’Accord d’association en 2000, les échanges ont été multipliés par cinq pour atteindre 649 milliards de dirhams en 2024. L’Union européenne reste le premier partenaire commercial du Royaume, tandis que le Maroc s’impose comme le principal partenaire africain de l’UE.
Pour 2026, la BEI prévoit de poursuivre son appui aux grands chantiers nationaux, notamment dans la modernisation des infrastructures, l’accès à l’eau, la transition énergétique, le développement territorial et le financement du secteur privé. Cette dynamique s’inscrit dans le prolongement du 15e Conseil d’Association Maroc–UE tenu fin janvier à Bruxelles, au cours duquel les deux parties ont réaffirmé leur volonté de renforcer un partenariat fondé sur le dialogue politique, la coopération économique et la transition écologique.


